Le kebab de poulpe, aussi appelé kebab marin, remplace la viande de la broche par des tentacules de poulpes empilés. Né à Alger en 2023, il est devenu viral sur les réseaux au printemps 2025. Voici d’où il vient, ce qu’il vaut vraiment savoir et pourquoi il fascine autant qu’il agace.
Vous avez sûrement croisé la vidéo en scrollant. Une broche géante qui tourne devant les brûleurs, sauf qu’à la place du veau ou du poulet, ce sont des tentacules dorés. Le kebab de poulpe est passé en quelques mois du statut de curiosité algéroise à celui de star mondiale de la street food. Des files d’attente d’une heure à Londres, des sandwichs à plus de 20 €, des millions de vues sur TikTok. On vous raconte l’histoire de ce drôle d’objet culinaire, et surtout ce qu’il y a derrière le spectacle.
D’où vient vraiment ce kebab marin surprenant
Contrairement à ce que le côté « ancestral méditerranéen » laisse croire, le kebab marin n’est pas une recette de grand-mère grecque. L’inspiration, elle, est bien ancienne. En Grèce, on sèche le poulpe au soleil, on le grille au charbon, on le glisse dans un pita depuis toujours. C’est d’ailleurs un voyage là-bas qui a donné l’idée à Alix, gérant du restaurant Au Durumier à Paris, de se lancer.
Mais la broche verticale, elle, date de 2023. On la doit au chef Yanis Atek, qui a monté la première à Alger. Le concept file ensuite vers Ankara, Marseille, puis explose au printemps 2025 quand l’enseigne Pescobar, lancée par Paul Nicolau, s’installe au Camden Market de Londres. Le visuel des tentacules géants qui tournent fait le reste. Instagram et TikTok s’emballent, et le kebab de poulpe devient un phénomène planétaire.
Kebab de poulpe, la prouesse technique bien cachée
Si personne n’avait monté de poulpe sur une broche avant 2023, ce n’est pas un hasard. Le poulpe déteste ça. Sa chair est humide, élastique, gorgée d’eau. Posée à la verticale devant une source de chaleur, elle relâche tout son liquide et la broche s’effondre. Rien à voir avec la viande hachée qui s’agglutine gentiment sous la presse.
Pour tenir le coup, les fabricants comme SEA KEBAB* assemblent des tentacules calibrés avec de l’eau glacée et des liants naturels de poisson, pressent mécaniquement la matière, puis surgèlent le tout rapidement. Résultat, une broche de poulpe stable, prête à cuire. La cuisson demande la même délicatesse. On démarre à puissance modérée pour éviter le choc thermique qui rétracte les fibres et durcit la chair. Une fine croûte se forme, scelle l’humidité, et on tranche des lamelles fines mais structurées. Trop épais, c’est caoutchouteux. Trop fin, ça se dessèche aussitôt.
Du poulpe grillé à la broche, une recette étonnante
Une fois la technique maîtrisée, le poulpe grillé se décline en plusieurs sandwichs. La version pita à la Pescobar, c’est environ 90 g de poulpe émincé, salade, concombre, radis, mayonnaise, ail, câpres et un filet de citron. La variante Octodog remplace le pita par un pain brioché et un tentacule entier posé dedans, façon hot-dog marin.
À Marseille, le restaurant Caterine joue la carte bistronomique avec chou rouge, aïoli maison et panisses. À Paris, Au Durumier prépare son poulpe frais chaque matin, servi dans un pain durum maison avec crudités et frites. Le profil aromatique reste méditerranéen, à base de sel, d’herbes, d’huile d’olive et de citron. Rien de sorcier côté goût, tout se joue sur la cuisson.

Kebab de poulpe, les adresses et les prix qui surprennent
Envie de goûter au poulpe sans vous ruiner. Bonne chance. Le kebab de poulpe assume un positionnement très premium, loin des tarifs du kebab classique. Voici ce qu’on paie selon la ville pour savoir où manger du kebab de poulpe.
- Paris, Au Durumier : 12,90 € seul, 17,00 € en formule avec frites et boisson.
- Marseille, Caterine : 15,00 € seul, 19,50 € en formule.
- Bruxelles, Pescobar : 21,00 € le kebab ou l’Octodog en pain brioché.
- Londres, Pescobar : plus de 20 €, souvent autour de 23 €.
- Suisse (Genève, Zurich) : entre 15,00 et 22,00 CHF la portion.
Autant dire que le sea kebab reste un produit d’expérience plus qu’un déjeuner du quotidien. On paie le poulpe, la rareté, et surtout le petit shoot de dopamine du partage sur les réseaux.
Ce que le kebab de poulpe cache vraiment côté santé et éthique
Vendu comme une alternative « plus saine » à la viande rouge, le kebab de poulpe mérite qu’on nuance. C’est un produit hautement transformé. Les liants de poisson, la mayonnaise généreuse, l’huile, tout ça pèse dans la balance nutritionnelle. Un poulpe brut grillé, ce n’est pas la même histoire qu’une broche reconstituée.
Et puis il y a le sujet qui fâche. Le poulpe est un animal d’une intelligence remarquable, avec un système nerveux réparti entre un cerveau central et ses huit bras, capable d’apprendre et de résoudre des problèmes. Des organisations comme Compassion in World Farming dénoncent l’essor de sa consommation et les projets d’élevage industriel, faute de méthode d’abattage sans souffrance. Sur les réseaux, une partie du public refuse net de voir ce kebab de poulpe débarquer, précisément à cause de ça. Le débat est loin d’être tranché.
Une opportunité food truck étonnamment rentable
Pour un food truck malin, le calcul est tentant. La matière première coûte cher, mais les marges sont énormes grâce au prix de vente. Sur une broche de 7 kg à 273 € HT, on tire environ 64 portions et une marge brute matière autour de 687 €, soit près de 72 %. La broche de 15 kg pousse le taux à plus de 75 %. En Suisse, on grimpe jusqu’à 77 %. La rentabilité d’un food truck se joue rarement sur des chiffres pareils.
Le revers, ce sont les contraintes. Chaîne du froid stricte, gril vertical compatible, normes HACCP renforcées sur l’allergène mollusque, et surtout la maîtrise thermique évoquée plus haut. Un mauvais réglage et la broche exsude, se fissure, perd en rendement. Ceux qui se lancent maintenant profitent d’un vrai avantage de premier entrant, puisque la plupart des villes françaises n’ont encore aucune enseigne installée.

Goûtez le kebab de poulpe pendant qu’il est encore rare
Vous habitez près de Paris, Marseille, la Corse, Bruxelles ou une grande ville suisse. Foncez tester la broche avant que le phénomène ne sature toutes les cartes. Et si vous gérez un food truck ou un snack, c’est le moment de vous renseigner sur les formats de broches et les fournisseurs, tant que la concurrence dort encore. Partagez ensuite votre verdict en commentaire, la texture vous a bluffé ou déçu.
Un phénomène marin qui ne fait que commencer
Le kebab de poulpe résume assez bien notre époque. Une vieille tradition méditerranéenne, une prouesse d’ingénierie alimentaire, un marketing viral, et un vrai débat éthique par-dessus. Trend éphémère ou nouvelle habitude durable, personne ne le sait encore. Ce qui est sûr, c’est que la broche de tentacules a réussi son coup médiatique. Reste une question ouverte à laquelle vous seul pouvez répondre. Prêt à payer 15 € pour goûter au poulpe, ou trop attaché à votre kebab d’agneau du samedi soir ?
*SEA•KEBAB est une marque déposée spécialisée dans la fabrication et la distribution de broches professionnelles de kebab marin.